Pierre Salaün : « On a l’impression, du fait de l’absurdité des mesures annoncées, que le pays est en train se fracasser en deux »

Politique, Santé

mise à jour le 22/08/21

Cette « crise du covid » aura eu au moins un intérêt : celui d’avoir permis à de nombreux citoyens de prendre conscience de la réalité de notre société, mais surtout de se mettre en action sur le terrain pour alerter l’opinion et proposer des alternatives. Pierre Salaün, de Nantes, fait partie de ces gens-là. Rencontre en 4-4-2 avec lui !

« La mort de Steve lors de la fête de la musique 2019 m’a bouleversé »

Le Média en 4-4-2 : Bonjour Pierre, et bienvenue sur Le Média en 4-4-2, le Média par le peuple et pour le peuple. Et vous y avez toute votre place, puisque vous êtes un citoyen qui se bat sur tous les fronts depuis plus d’un an contre les mesures liberticides. Avant d’évoquer avec vous vos différents combats (à travers les Masques blancs, Un Nôtre Monde, le sit-in devant la préfecture), pouvez-vous nous dire quel est le déclic qui vous a poussé dans la résistance ? Et d’où vous vient cette énergie qui vous pousse à être sans cesse sur le terrain ?

Pierre : J’ai 56 ans et suis agent immobilier depuis vingt ans. En 2017, je me suis séparé de ma compagne. Je suis parti en lui laissant la télé, et ça a changé ma vie… En m’informant autrement, j’ai découvert l’interview de Juan Branco sur la chaîne Thinkerview. Elle dissèque l’ascension de Macron et montre comment les médias de milliardaires ont manipulé l’opinion. Puis j’ai vu les terribles vidéos amateurs des violences policières sur les Gilets Jaunes au Burger King, complètement occultées par les grands médias. J’ai participé à quelques manifestations Gilets Jaunes, mais sans prendre une part active au mouvement. J’ai découvert également la pensée simple et puissante d’Étienne Chouard, citoyen constituant, qui explique facilement comment nos représentants ont usurpé le sens du mot démocratie. En tant que Nantais, la mort de Steve lors de la fête de la musique en 2019 m’a bouleversé. À ce sujet, je vous conseille le livre de Nicolas Molle « Tout le monde sait qui a tué Steve ». Enfin pour la réforme des retraites en 2019, j’ai pris le temps de lire les deux cents pages du rapport du Conseil d’Orientation des Retraites, censé apporter, de manière neutre, tous les éléments chiffrés pour éclairer nos élus et le peuple. Au final, la réforme proposée par le gouvernement ne tenait pas compte de plusieurs points importants préconisant un statu quo.

Le Média en 4-4-2 : On vous connaît à Nantes notamment par Les Masques Blancs que vous avez lancés dans la Cité des ducs. Comment cela s’est-il passé ?

Pierre : En février 2021, j’ai découvert la vidéo des Masques Blancs à Montpellier. Elle m’a tellement saisi, par son style orwelien collant parfaitement à nos confinements covid, que je n’ai pas pu la regarder jusqu’au bout. Je me souviens m’être dit « Je veux faire cette performance à Nantes dans 15 jours ». Finalement c’est arrivé trois semaines plus tard. Via Telegram, nous avons rapidement constitué un groupe de 50 personnes. Le samedi 6 mars, personne ne se connaissait, nous avons enchaîné un pique-nique pour faire connaissance, puis une répétition qui a bien fonctionné. Alors, nous nous sommes lancés sans filet, devant le théâtre Graslin. Depuis, nous en avons décliné les différentes versions sur une vingtaine de samedis dans différents spots de Nantes…

Le Média en 4-4-2 : Quels retours avez-vous des passants qui tombent sur vos performances ? Il faut préciser que vous les invitez à venir discuter avec vous.

Pierre : Nos performances sont volontairement clivantes et on observe tous types de réaction. Je me souviens d’une vieille dame qui nous remerciait de rappeler les mesures sanitaires gouvernementales. Parfois des parents tournent les talons, car leurs enfants en poussette commencent à pleurer. D’autres, plus éveillés, nous remercient chaleureusement de mettre en lumière le côté totalitaire des mesures en place. Comme nous incitons les spectateurs à venir discuter et partager leur ressenti, il n’est pas rare que, chaque semaine, deux ou trois nouveaux membres nous rejoignent. Chaque membre pourrait témoigner potentiellement de dizaines d’anecdotes de ce genre. A noter que, pour une raison que j’ ignore, notre collectif est composé d’environ trois quarts de femmes.

Le Média en 4-4-2 : Nous vous avons ensuite retrouvé sur la liste Un Nôtre Monde dans les Pays de la Loire pour les élections régionales. Qu’est-ce qui vous a intéressé dans cette initiative politique et citoyenne ?

Pierre : Comme je vous le disais tout à l’heure, j’ai découvert en 2017 la puissance de la pensée d’Étienne Chouard. Toutes ses vidéos sur le net sont passionnantes. Le Mouvement constituant populaire, dont je fais partie, en reprend la quintessence, à savoir le RIC constituant, par lequel le peuple peut, à son initiative, modifier la Constitution et interdit, en parallèle, à nos représentants de la modifier sans le faire valider par un référendum. Dans cette optique, je soutiens également la candidature de Mme Clara Egger de Espoir RIC, qui porte cet unique programme pour les présidentielles 2022. Merci de l’aider à obtenir les cinq cents signatures de maires nécessaires à sa candidature ! J’ai rejoint Un Nôtre Monde pour les régionales, car c’est une liste non partisane, prônant une démocratie plus participative, où l’intérêt des citoyens est au centre des décisions. Il manquait des hommes pour assurer la parité H/F et j’ai accepté bien volontiers de leur donner ce coup de main. Il faut dire que je connaissais déjà quelques membres, pour qui j’ai beaucoup de respect. Cela m’a décidé. Je me réjouis que sa tête de liste, Linda Rigaudeau, œuvre maintenant, elle aussi, pour le RIC constituant.

« Dire à un salarié qu’il va perdre son job s’il ne se conforme pas aux exigences du Pass sanitaire, est-ce un consentement libre et éclairé ? »

Le Média en 4-4-2 : Vous avez lancé le mardi 20 juillet « l’état d’urgence démocratique » à Nantes en organisant un sitting devant la préfecture. D’où vous est venue cette idée ?

Pierre : Cette idée d’état d’urgence démocratique, et son parallèle avec les états d’urgence terroriste et sanitaire me trottait dans la tête depuis plusieurs mois. La semaine précédente, au cours des multiples discussions dans notre inter collectif toutvabien44.org, et en dehors aussi, on cherchait un moyen d’expression différent. L’occupation non violente des lieux de pouvoir était une option intéressante. En fait, c’est la venue du journaliste Richard Boutry à Nantes le 20 juillet qui a accéléré la mise en place. Et nous avons profité d’une belle synergie pour le lancement.

Le Média en 4-4-2 : Vous occupez les lieux depuis plus d’une semaine, comment vous organisez-vous pour vous relayer, vous restaurer, dormir ?

Pierre : Le point clé est la permanence de nuit, où, pour des raisons de sécurité évidentes, il faut que nous soyons six personnes minimum. On a testé différents plannings en ligne. Actuellement, nous expérimentons un simple tableau effaçable, avec numéro de portable dédié. Les gens appellent pour se positionner en fonction de leur contraintes et des besoins du sitting. Pour les repas et le sommeil, c’est facile comme au camping. À noter que les tentes sont interdites dans Nantes par arrêté municipal. J’espère que la mairie nous permettra de conserver nos deux barnums, qui nous assurent ponctuellement une protection contre les intempéries et le stockage de matériels divers. La nuit, on se transforme parfois en Samu social, en offrant un peu de chaleur humaine aux « accidentés de la vie » qui passent. Nous avons appelé la police à deux reprises pour pacifier certaines interactions qui dérivaient.

Le Média en 4-4-2 : Pour vous, hors de question de lever le camp tant que le Pass sanitaire et l’obligation vaccinale seront dans la loi ?

Pierre : Même si les deux sont imbriqués, on se focalise surtout sur le Pass sanitaire, l’obligation vaccinale pour tous ne figurant pas explicitement à ce jour dans le texte… Et puis, vous avez sûrement constaté de votre côté que les discussions sur ce thème sont un peu vaines, chaque partie campant sur ses positions. D’un autre côté, dire à un salarié qu’il va perdre son job s’il ne se conforme pas aux exigences du Pass sanitaire, est-ce un consentement libre et éclairé ? Donc oui, nous demandons le retrait du Pass sanitaire et resterons mobilisés tant qu’il le faudra pour l’obtenir.

« Les gens ont énormément besoin de parler et d’être écoutés »

Le Média en 4-4-2 : Quel est le retour des passants qui découvrent votre combat ?

Pierre : Comme avec les Masques Blancs, on observe tous types de réactions. Tout d’abord, on se rend compte que les gens ont énormément besoin de parler et d’être écoutés. Ceux-là sont souvent seuls, sont ostracisés par leur famille, amis ou collègues. Les plus marquants, et leur nombre augmente de jour en jour, sont les salariés qui réalisent qu’ils vont perdre leur job en septembre, car ils ne veulent pas se faire vacciner. On ressent profondément leur colère, tristesse, panique, angoisse… selon les cas. Au point que, nous aussi, nous avons besoin de faire une pause toutes les deux heures pour tordre notre propre éponge. Il y a aussi les gens qui sentent confusément que nos gouvernants et leur commanditaires ont des intentions cachées. Ils veulent des renseignements. D’autres nous abordent en proposant directement de nous aider en mettant de l’argent dans notre cagnotte. Il y a aussi ceux qui ne regardent, n’écoutent et ne lisent que les médias mainstream. On se rend alors compte de la puissance de la social engineering. Ils n’ont jamais entendu parler de l’ivermectine, des cycles PCR, du fait que nous ne sommes qu’en phase 3 pour les vaccins.

« Septembre verra probablement se passer les plus grandes manif jamais vues en France »

Le Média en 4-4-2 : Vous qui êtes constamment sur le terrain, sentez-vous une vague qui monte ? Non pas une vague de cas positifs, mais un élan de mobilisation capable de faire dérailler le plan du gouvernement ?

Pierre : Tout ce que je peux dire, à partir des centaines voire milliers de face-à-face, réalisés à l’occasion de ce sitting, c’est qu’on a l’impression, du fait de l’absurdité des mesures annoncées, que le pays est en train se fracasser en deux. Dans les familles, sur le lieu travail, dans les commerces, entre amis, tous nos systèmes relationnels sont pulvérisés. De grandes souffrances psychologiques s’instaurent. Alors oui, la colère monte. Les gens s’éveillent et sortent de chez eux. Septembre verra probablement se passer les plus grandes manifs jamais vues en France. La suite est assez prévisible, vu le manichéisme de nos élites. Manipulation de l’info, censure, répression, judiciarisation des manifestants. La seule issue, à mes yeux, sera que les forces de l’ordre baissent le casque.

Le Média en 4-4-2 : Quel message avez-vous pour ceux (nombreux on espère) qui viennent tout juste de prendre conscience de la gravité de la situation et qui veulent agir ?

Pierre : Bienvenue au club ! Prenez d’abord le temps nécessaire pour passer votre colère mauvaise conseillère. Puis sortez, sereins et déterminés, et allez à la rencontre des nombreux collectifs qui agissent dans le domaine juridique, dans la désobéissance civile… Vous pouvez par exemple, à quatre ou cinq personnes, créer des bouchons dans les magasins et les administrations zélées qui instaurent déjà le Pass, alors que la loi n’est pas encore promulguée. Cherchez sur le net les modèles de courrier qui calmeront l’ardeur de vos employeurs. Vous pouvez aussi faire des sitting 24/7 devant la préfecture (nos fichiers pour banderoles, logos et tracts sont naturellement libres de droit). Faites masse, nous sommes en guérilla ! Dépêchez-vous car, très bientôt, la surveillance généralisée, avec drones, reconnaissance faciale, objets connectés, 5G, boîte noires chez les fournisseurs d’accès à internet vous en dissuadera. Il est encore temps. Quand Macron appuiera sur le bouton, nous serons soumis définitivement en trois mois. Dans tous les cas, achetez un terrain, mettez-vous en lien et apprenez la permaculture. Vous pouvez mener les deux de front. Je tiens à souligner qu’on nous ne contentons pas de râler ! Nous promouvons et mettons en œuvre deux solutions concrètes concernant l’État d’urgence démocratique. Les débats mouvants organisés dans la rue, devant et avec le public, permettent la mise en scène des diverses opinions sur un thème donné. Ça facilite l’écoute de l’autre, ça fait bouger les neurones, ça oblige à préciser son vocabulaire pour tous les mots valises qu’on utilise au quotidien, comme liberté, transparence, démocratie, responsabilité. C’est salvateur. Enfin, avec mes amis du Mouvement constituant populaire, nous mettons en place une votation citoyenne permanente, avec urnes, bulletins, liste d’émargement. La question sera « Êtes-vous pour ou contre le Pass sanitaire, tel qu’il est présenté actuellement par le gouvernement ». Intéressant non ?

Le Média en 4-4-2 : Merci Pierre de nous avoir répondu, en direct du sitting devant la préfecture de Nantes ! Nous vous laissons le mot de la fin…

Pierre : « Un bon maître n’a pas de disciples, il a des dissidents. » Soutenez les médias indépendants !

Propos recueillis par Yoann pour Le Média en 4-4-2

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