Ils voient des complotistes, mais surtout des antisémites partout !

mise à jour le 16/08/21

Complotisme Rudy Reichstadt TMF

Depuis le  XIXe siècle la bourgeoisie adore faire la morale au peuple. Ce n’est pas de son exploitation que viendrait la misère ouvrière, mais de l’alcool, de sa débauche et de son inconséquence. Ainsi la Chambre de Commerce de Tournai a-t-elle trouvé ce qui empêche les miséreux de devenir de bons ouvriers : « Ce n’est pas l’augmentation des salaires qui pourrait améliorer la condition des ouvriers, car l’expérience prouve que ceux qui gagnent assez en deux ou trois jours pour fournir l’entretien de leur famille, restent oisifs les autres jours et se livrent le plus souvent à la débauche. »

Maxime du Camp voit dans les Communards de 1871 des « brutes obtuses ne comprenant rien, sinon qu’ils ont bonne paye, beaucoup de vin et trop d’eau-de-vie. L’orgie a été la principale préoccupation de la plupart de ces hommes ». 

En bon petit bourgeois obtus du XIXe siècle, Macron a recraché les insultes désuètes de sa grand-mère, lors de sa « visite » d’une région dévastée par les délocalisations : « Dans ce bassin minier, […] il y a beaucoup de tabagisme et d’alcoolisme. » 

La bourgeoisie a évolué. Elle voit à présent des complotistes, mais surtout des antisémites partout où sa version des faits est mise en question : l’incendie de Notre-Dame, l’attentat de Strasbourg et… le passeport sanitaire. 

 

Le complotisme : une paranoïa qui remonte à 1791

Pour traquer le complotisme, des historiens remontent jusqu’à la Révolution française. On ne résiste pas au plaisir de vous citer l’analyse du site de Soros www.deconspirator.com :

« Maximin Isnard, député à l’Assemblée législative française, a lancé cet avertissement deux ans après la révolution française de 1789. Inspirés en partie par la tentative ratée du roi de s’échapper de Paris en 1791, ses propos reflètent une paranoïa généralisée à l’égard des actions du gouvernement royal. Lui et d’autres croyaient que le gouvernement central conspirait contre le peuple français, menaçant de saper la révolution et laissant la France exposée à une invasion étrangère.

Comme l’historien Timothy Tackett l’explique dans ses recherches sur la période, la révolution française a précipité une vague de théories de la conspiration, tant dans le public qu’au sein de l’Assemblée nationale. Selon lui, les racines de cette paranoïa sont à chercher dans le contexte plus large de cette période cruciale de transition : des sentiments profonds de méfiance, d’incertitude et de changement d’identité. »

Question piège pour passer du complotisme à l’antisémitisme

En 2019, les Gilets Jaunes étaient « étouffés par la gangrène antisémite ». Aujourd’hui, les centaines de milliers de manifestants contre le passeport sanitaire sont contaminés par la même gangrène. A la question « Qui ? » sur la pancarte figuraient  les « traîtres » : Laurent Fabius, Jacques Attali, Agnès Buzyn, Gabriel Attal,  Patrice Drahi, Bernard-Henri Levy, Jérôme Salomon, Rothschild, George Soros. Hélas, tous Juifs.

La question « Qui ? » a été posée de façon insistante sur CNews : « Qui contrôle la meute médiatique ? » à un général à la retraite. Jusqu’à ce que le « journaliste » obtienne enfin la réponse : « Vous savez bien, regardez qui contrôle la meute médiatique dans le monde et en France ». Piège refermé. L’interlocuteur ne l’a même pas vu venir. Au contraire de Xavier Mathieu en 2009 et de Didier Raoult en 2020, plus au fait des pièges médiatiques.

On se souvient de la question fermée répétée presque à l’infini de David Pujadas à Xavier Mathieu délégué CGT de Continental.

« Est-ce que vous regrettez ces violences ?  »
– Xavier Mathieu [délégué syndical CGT-Continental] : « Vous plaisantez j’espère ? On regrette rien… »
– David Pujadas : « Je vous pose la question. » […]
David Pujadas : « Xavier Mathieu, on entend votre colère, mais est-ce que vous lancez un appel au calme ce soir ?  »

Autre question fermée répétée, celle de Pujadas au Pr Didier Raoult (qui l’avait vu venir de très très loin) :
« Est-ce que vous reconnaissez que vous vous êtes trompé ? »

Et celle de Jean-Jacques Bourdin au même :

« Vous affirmez que des médecins ont tué des patients. S’ils n’ont pas soigné…». […]
Jean-Jacques Bourdin : « Donc on risque de les tuer ».[…]
Jean-Jacques Bourdin : « On risque de les tuer… les médecins qui prennent ces décisions…»

Bizarrement quand Eric Zemmour affirmait le 13 mars 2010 sur France Ô, en répondant à Anastasie Tudieshe qu‘il y a beaucoup de journalistes juifs, aucun tollé médiatique à cette époque n’a eu lieu.

Anastasie Tudieshe : Si on prête attention à votre formule, la plupart des trafiquants sont noirs et arabes. Doit-on prêter attention à la formule qui voudrait que, par exemple, tous les journalistes sont juifs ? Ou que la plupart des journalistes sont juifs ?

Éric Zemmour : Il y a beaucoup de journalistes qui sont juifs.

Anastasie Tudieshe : Est-ce qu’il faut prêter attention à une formule comme celle-là ? On sait que c’est faux.

Éric Zemmour : Non. C’est pas faux. Il y en a beaucoup.

Quant à la pancarte incriminée par Gérald Darmanin et la Licra, elle affichait des noms de responsables goys. Ainsi Neil Ferguson qui a prédit 500 000 morts du covid au Royaume-Uni, si Boris Johnson ne confinait pas. Il y avait aussi Olivier Véran qui estimait (au doigt mouillé) : « Le Covid-19, c’est : 1 malade toutes les 2 secondes. 1 hospitalisation toutes les 30 secondes. 1 mort toutes les 4 minutes. Respectons ce confinement, soyons solidaires. » Emmanuel Macron était aussi mentionné. Lui, avait préféré 400 000 morts. Quant à Klaus Schwab, il a carrément prédit la fin de notre civilisation grâce au covid. Cette présence de non juifs rend une plainte pour antisémitisme délicate, mais qu’importe, il faut faire peur. 

La morale avant tout !

Noémie Madar, présidente de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) — famille Madar : 157e fortune de France (650 millions d’euros) —, déplore l’inaction des manifestants devant cette pancarte : « Ce “Mais qui ?” a en quelque sorte remplacé l’étoile jaune des dernières semaines. Par le laisser-faire, ces manifestants cautionnent ce procédé, ces discours et font en quelque sorte de cette haine antisémite le symbole, l’étendard de ces manifestations. »

Pour Rudy Reichstadt, politologue (c’est-à-dire spécialiste de la science politique, cela existe, c’est Wikipedia qui le dit) et directeur de Conspiracy Watch, « il y a une responsabilité des manifestants et des organisateurs de ces manifestations lorsqu’ils ne disent rien, lorsqu’ils ne dissocient pas et ne désolidarisent pas de ce genre de propos ou lorsqu’ils le minimisent ». Sa  vision des manifestants anti-passeport sanitaire et anti-injection ANRm comme des antisémites est relayée bien volontiers par Le Monde (qui a reçu 4 millions de dollars de Bill Gates).

Et l’inévitable Alain Jakubowicz, ancien président de la Licra, analyse : « La véritable question qui se pose c’est celle de l’infiltration de ces milieux extrémistes dans ces manifestations. » La Licra va donc porter plainte contre l’antisémitisme : « On est très clairement en présence d’une pancarte à l’antisémitisme assumé. » 

De même le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin (harcèlement sexuel, abus de confiance, trafic d’influence), déclare-t-il sur Facebook : « Cette pancarte est abjecte. L’antisémitisme est un délit, en aucun cas une opinion. De tels propos ne resteront pas impunis. J’ai demandé @prefet57 de faire un signalement au Parquet sur la base de l’article 40. »

Les réseaux de pression

Un coup d’œil au réseau de l’Observatoire du conspirationnisme (Conspiracy Watch) de Rudy Reichstadt montre son omniprésence dans les médias pour lutter contre « la complosphère ».

 

Créé par les Démocrates et Soros au lendemain de l’élection de Trump, le groupe de pression Sleeping Giants a le soutien de grands médiasBFM, Slate, Télérama, Les Inrocks, Médiapart, Le Monde, L’Expansion. Son antenne française, Stop Hate Money , est dirigée par Tristan Mendes-France. Marié à Célia Trigano, petite-fille d’André Trigano, une des plus grosses fortunes. Assistant parlementaire du sénateur socialiste Michel Dreyfus-Schmidt, puis, doté d’un simple master (DEA) et sans aucune thèse de doctorat, il est miraculeusement devenu maître de conférences à la Sorbonne.

Sa méthode — un peu paradoxale, convenons-en — est : « Assécher le financement de la haine en ligne ». Qui finance Stop Hate Money ? Conspiracy Watch et le Fonds du 11-Janvier (David de Rothschild).

Peut-on lutter contre les adversaires de la liberté d’expression ?

Le philosophe Yves Michaud considère ces groupes de pression comme des fascistes de gauche. « Contrer des gens aussi nuisibles et aussi ennemis du droit est tout à fait possible. Je rappelle qu’il existe un délit de dénigrement qui peut entraîner de très lourdes amendes. Il consiste à discréditer publiquement une personne ou une entreprise. C’est un usage fautif de la liberté d’expression, au sens de l’article 1382 du Code civil, puisque l’auteur du dénigrement a le dessein de porter préjudice à la personne ou l’entreprise qu’il dénigre. »

Leurs victimes ? Des gros (Valeurs actuelles, CNews, Boulevard Voltaire), des petits (Le Média en 4-4-2), tous ceux qui ne sont pas politiquement corrects, de gauche comme de droite.

Des manifs ? c’est flippant !

Le triste petit-fils de Mendes-France est tétanisé par le peuple : « Le nombre de manifs annoncées est assez flippant. Ce qui me semble évident c’est que ces manifs vont bien au-delà du pass. Elles sont une nébuleuse de contestations et de frustrations instrumentalisées par certains extrémistes. »

 

Soutien aux Gilets… bleus contrôleurs de Pass

Tristan twitte : « Soutien à tout le personnel de la SNCF, notamment les Gilets bleus, qui font ce qu’ils peuvent pour aider les voyageurs. Le bracelet ne sert qu’à désengorger les files d’attente. Mais certains ne résistent pas à l’exploitation politique alors qu’on a besoin de collectif. »

 

La police et sa Justice

Un seul et même homme a incendié la cathédrale de Nantes et, laissé en liberté, tué le prêtre qui l’hébergeait. Impossible de crier au terrorisme. Même la police l’a déclaré fou. Tout cela n’étant pas très glorieux, Darmanin préfère porter plainte contre… l’antisémitisme d’un site internet (« Ils sont partout » ) que personne ne connaissait à part les happy few dont il fait partie. Avec ça, on efface la dernière bavure, et on veut foutre la trouille aux manifestants (forcément antisémites) au cas où la première plainte contre l’enseignante à la pancarte ne les aurait pas convaincus.

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.

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